Big Four: trop grands, trop forts PDF Print
Posted by CFO World   
vendredi, 04 novembre 2011
audit.jpg«Renforcement du rôle du comité d’audit, optimisation du dialogue auditeurs-régulateurs… Tout ce qui peut favoriser la confiance des investisseurs et la qualité des audits doit être fait», souligne Pascal Rakovsky, Audit Leader chez PwC Luxembourg à propos de la réforme de l’audit pilotée par la Commission européenne, notamment par Michel Barnier. «L’objectif ultime de toute réforme doit être d’améliorer encore la qualité des audits. Cela ne peut être que positif pour l’Europe», ajoute Alain Kinsch, le country managing partner d’Ernst & Young Luxembourg.

Les Big Four (PwC, Ernst & Young, Deloitte et KPMG), qui se partagent 80% du marché de l’audit à l’échelon de la planète se déclarent favorables à une évolution des règles en vigueur dans la profession. Mais ne sont pas d’accord avec toutes les mesures envisagées. «Beaucoup d’éléments du papier Barnier iraient vers une réduction de la qualité de l’audit», précise Alain Kinsch.

Les déclarations du commissaire européen chargé du Marché intérieur et des Services, ont en effet de quoi inquiéter le quatuor car si Michel Barnier se défend de mener «une croisade anti-Big Four», ces derniers sont dans le collimateur. Les trois grands axes des propositions visant à rendre le secteur plus concurrentiel et transparent les concernent directement: garantir l’indépendance de l’audit, développer un marché mieux intégré et ouvrir davantage le secteur.

Audits à prix cassés


Sur ce dernier point, par exemple, l’ambition de Michel Barnier est de favoriser la concurrence. Pour ce faire, il serait question de nommer un second commissaire au compte (comme cela se fait déjà en France), autrement dit d’obliger la bande des quatre à collaborer avec des plus petits cabinets. Ou bien encore d’imposer une rotation afin d’éviter qu’une même société soit auditée, des années durant, par le même auditeur.

«Les règles en vigueur prévoient déjà une rotation des associés responsables des clients, ce qui évite tout risque de familiarité», précise Pascal Rakovsky. «Il convient de souligner qu’un audit de qualité d’un grand groupe, par exemple, mobilise de gros investissements car il faut du temps pour tout comprendre de son fonctionnement et de son environnement. Comment dès lors demander à l’auditeur de continuer à investir dans la durée, sans la moindre garantie dans le temps», interroge Alain Kinsch.

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